
Et si tout commençait par une respiration?
Créer à partir d’une odeur, c’est accepter de ne pas savoir à l’avance où l’on va.
C’est entrer dans un espace où la pensée se fait plus souple, moins directive, et où l’imaginaire retrouve sa liberté première.
Une odeur ne se regarde pas, ne s’attrape pas. Elle se glisse. Elle traverse les défenses, contourne le mental, touche directement des zones anciennes, profondes, parfois enfouies. Là où les mots manquent encore. Là où les images sommeillent.
Quand une odeur surgit, elle ouvre des chemins multiples.
Pas un seul récit linéaire, mais une constellation de possibles.
Un souvenir d’enfance peut apparaître, puis disparaître aussitôt, laissant place à une sensation corporelle. Une couleur surgit sans raison. Une scène inventée se déploie, comme si elle avait toujours été là, en attente. L’odeur devient alors une clé, non pas pour retrouver quelque chose de précis, mais pour accéder à un territoire intérieur plus vaste.
Créer à partir d’une odeur, c’est renoncer au contrôle.
On ne “décide” pas de ce que l’odeur va raconter. On l’écoute. On se laisse traverser. On accepte les détours, les silences, les incohérences apparentes. Et c’est précisément là que l’imaginaire se délie.
L’odorat est un sens indiscipliné. Il ne respecte ni la chronologie, ni la logique rationnelle. Il mélange les époques, superpose les émotions, convoque des sensations oubliées. Une même odeur peut ouvrir mille chemins différents selon le moment, l’état intérieur, la disponibilité de celui ou celle qui la respire.
C’est ce qui en fait une source de création inépuisable.
À partir d’une odeur, on peut écrire sans savoir ce que l’on va dire.
On peut peindre sans modèle.
On peut bouger sans chorégraphie.
On peut rêver éveillé.
L’odeur agit comme un déclencheur, mais aussi comme un guide invisible. Elle ne donne pas de réponse, elle pose des questions sensorielles :
Qu’est-ce que cela réveille en moi ?
Où cela me mène ?
Quelle partie de moi demande à s’exprimer ?
Souvent, elle ouvre des chemins que l’on n’aurait jamais empruntés par la pensée seule. Elle autorise l’étrange, le flou, le symbolique. Elle permet de créer sans chercher à “bien faire”, mais simplement à être au plus près de ce qui émerge.
Créer à partir d’une odeur, c’est aussi se reconnecter à une intelligence du corps. Le corps sait avant que les mots arrivent. Il réagit, se tend, se détend, s’émeut. Et cette réponse corporelle devient matière créative. Elle donne une texture, un rythme, une densité à ce qui naît.
Dans cet espace, l’imaginaire n’est plus un effort. Il devient un mouvement naturel. Il circule. Il se déploie. Il se surprend lui-même.
Une odeur ne raconte pas une histoire figée.
Elle ouvre un passage.
Et dans ce passage, chacun peut emprunter ses propres chemins : intimes, poétiques, inattendus. Des chemins qui ne demandent qu’à être explorés, ressentis, transformés en mots, en gestes, en formes.
Créer à partir d’une odeur, c’est se souvenir que l’imaginaire n’est jamais perdu.
Il attend simplement qu’on lui tende le nez.
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